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2 Responses

  1. Bonjour et félicitations Hugo pour cette belle présentation. Juste 2 questions:
    – quel est le statut des parcs de la paix au plan juridique? Ont-il une autonomie ou bien chaque pays continue par administrer l’espace entrant dans son territoire selon la législation nationale?
    – pour les problèmes avec les populations locales, existe t il des éleveurs transhumants dans cette sous-région auquel cas la problématique serait plus spécifique car mettant aux prises moins les touristes mais majoritairement les autres groupes d’utilisateurs ruraux et sur plusieurs Etats à cause de la mobilité du cheptel sans oublier les agents de conservation. Comment généralement est traitée dans la région la question de la faune sauvage vs troupeaux d’élevage?
    Koffi Alinon
    CIRAD.

  2. Bonjour Koffi, je vous remercie pour votre message et pour la pertinence des questions que vous soulevez.

    -Pour ce qui est du statut juridique des parcs de la paix tout d’abord. Comme je l’ai indiqué dans la présentation, la mise en place des parcs suit un processus en plusieurs étapes, ce qu’on appelle la catégorie A désigne le stade le plus avancé où les pays partenaires ont signé un traité, suite à quoi le parc obtient un statut légal.
    Puis théoriquement la coopération se poursuit et se renforce entre les Etats.
    Cependant, si l’on regarde plus en détails les traités, par exemple celui établissant le parc transfrontalier du Grand Limpopo en 2002 (on peut le trouver ici : https://iea.uoregon.edu/treaty-text/2002-greatlimpopotransfrontierparkentxt), on voit qu’il est précisé dès les premières lignes du préambule que les 3 pays partenaires “reconnaissent le principe de l’égalité souveraine et de l’intégrité territoriale de leurs États”.
    Plus loin à l’article 5, il est précisé : “les droits souverains de chaque pays devront être respectés, et aucune partie ne pourra imposer des décisions aux autres”.
    Pour l’heure, les Etats restent donc souverains sur leur territoire national, et le fait que les limites des parcs se superposent aux frontières nationales ne remet pas en cause cette souveraineté.
    A noter tout de même que ces parcs transfrontaliers sont relativement récents, il n’est donc pas exclu qu’ils gagnent en autonomie à l’avenir.

    -Votre seconde question porte sur la présence ou non de pasteurs au niveau de ces espaces transfrontaliers.
    Les populations locales qui vivent dans et aux alentours des parcs pratiquent en grande partie l’agriculture et aussi l’élevage. Mais à ma connaissance les parcs ne font pas partie de parcours transfrontaliers de pasteurs transhumants, comme cela peut être le cas en Afrique de l’ouest.

    Il y a bien en revanche une présence de bétail et la proximité avec la faune sauvage cause régulièrement des problèmes. Actuellement, l’approche de la Peace Parks Foundation est plutôt d’aider les populations d’éleveurs afin d’en faire des partenaires pour la conservation et contre le braconnage. Je vous renvoie ici au projet Herding 4 Health et à cet article si vous souhaitez approfondir : https://www.worldenvironmentday.global/my-cattle-your-rhinos-south-africas-poverty-and-wildlife-conundrum

    Au plaisir d’échanger avec vous.

    Cordialement,

    Hugo Mazzero

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